Théorie de la contingence

Pendant plusieurs décennies, le monde académique en management et organisation s’est intéressé à une question : comment peut-on expliquer la façon de se structurer d’une organisation ? Une partie des réponses à cette question sont apportées par la théorie de la contingence. Elle s’est développée à partir des années 1950. Elle fait l’hypothèse que la structure d’une organisation (la structure au sens large, incluant les modes de coordination, les modes de communication, le degré de spécialisation, le degré de formalisation de l’organisation, l’importance des règles, les structures hiérarchiques, etc.) est une forme de « réponse » à un environnement externe et interne. Woodward, dans les années 1950 montre une relation entre la structure des firmes anglaises de l’époque d’une part et le type de système de production (en série, en continu, par petit lot) qu’elles adoptent d’autre part. Au milieu des années 1960, Lawrence et Lorsch montrent que les sous-composantes d’une organisation « baignant » chacune dans des sous-environnements différents, développent des spécificités qui les différencient les unes par rapport aux autres ; des mécanismes d’intégration venant néanmoins donner de la cohérence à l’ensemble. Burns et Stalker au même moment démontrent que la forme des organisations varie en fonction de la nature plus ou moins stable de leur environnement. Ainsi, dans des environnements stables, se développent des organisations « mécanistes ». Celles-ci sont caractérisées par une importante spécialisation et division du travail, un contrôle hiérarchique fort et des lignes de commandement très claires et formalisées. Au contraire, dans des environnements instables et incertains, ce sont des organisations de type « organique » qui se développent. Elles sont davantage organisées autour de la responsabilité plutôt que le commandement. Les communications latérales et informelles sont encouragées pour gagner en flexibilité et en capacité d’adaptation.

 

Avis de l’Observatoire : l’approche contingente a beaucoup marqué le développement des idées en théorie des organisations. Les concepts d’organisations mécanistes ou organiques, d’intégration et de différenciation sont séminaux et sont, aujourd’hui encore, utiles pour distinguer les organisations, par exemple, l’entreprise établie, de grande taille d’une part et les start-up, d’autre part.  L’approche proposée avait cependant le défaut de proposer des analyses essentiellement unidirectionnelles et linéaires. Par définition, le changement organisationnel, selon cette théorie, est progressif et n’est pas fait de ruptures ou de révolutions, ce que l’histoire des entreprises sur les cinquante dernières années a partiellement contredit. C’est l’approche par les configurations qui suivra la théorie de la contingence qui sera progressivement préférée. Elle proposera une vue plus holiste des organisations, vues comme des assemblages et combinaisons complexes d’attributs.

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