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L'approche Juste-à-temps de la production

Le Juste-à-temps (JAT) est approche de pilotage des flux de production née dans les années 50 au Japon, chez le constructeur automobile TOYOTA. Elle a été initiée par son directeur industriel   Taïchi Ohno. Cette approche correspondait à un changement radical des principes de gestion des flux dans les entreprises industrielles, alors imprégnées par la culture « Fordiste » qui consistait à produire en grande série des biens standardisés à des couts de fabrication de plus en plus faibles avec des niveaux de qualité très faibles.

Taïchi Ohno, après un voyage aux états unis où il avait observé les pratiques industrielles  et de distribution, est revenu dans son entreprise avec quelques grands principes directeurs pour lutter contre le gaspillage et l’inertie des systèmes industriels et pour permettre de produire « à la demande » des biens diversifiés, à délais courts et à moindre coûts. Parmi ces principes directeurs : la lutte permanente contre les stocks et la production en flux tirés.  Les stocks sont désormais considérés comme des moyens de camoufler et d’entériner les dysfonctionnements des processus industriels tels que les pannes, problèmes de qualité, retards fournisseurs et les temps improductifs non requis  donc destructeurs de valeur. Le pilotage des flux quant à lui, ne doit plus se faire sur stocks constitués à partir des prévisions (flux poussés) mais plutôt en les « tirant » au rythme de la demande. Pour ce faire, les relations client/fournisseur sont systématisées à chaque étape du processus de production. Les flux sont organisés sous forme de boucles courtes et réactives où le poste aval déclenche des flux du poste amont en lui transmettant un ordre de réassort (porté par une étiquette KANBAN)  selon ses consommations réelles.

 

Avis de l’Observatoire : Considérée comme une façon tout à fait nouvelle d’appréhender la gestion des flux, nous trouvons dans l’approche JAT des morceaux d’ADN de différentes approches et méthodes dont elle reprend les principes pour les enrichir dans le cadre d’un système cohérent : le Toyota Production System. Par exemple, le JAT est indissociable du mouvement de TQM (Total Quality Management) initié depuis les 30 par Shewart, Deming et Juran. Les principes d’amélioration continue et la prégnance de l’élaboration des standards sont un exemple parmi d’autres de cette filiation. Il faut se rappeler que les gourous américains de la qualité totale ont été d’abord plébiscités au Japon avant d’avoir une vraie reconnaissance aux États-Unis et en Europe.  En revanche, il y a une réelle rupture avec ce qu’était devenue l’organisation scientifique du travail  : une organisation trop parcellisée du travail humain, basée quasi exclusivement sur le rendement. L’idée d’impliquer l’opérateur dans les processus d’amélioration de la production, dans le cadre d’une autonomie encadrée par des standards est révolutionnaire pour l’époque. La notion d’Andon par exemple, qui donne la possibilité à l’opérateur d’arrêter une ligne de production s’il juge qu’elle produira des produits défectueux, était inimaginable dans la logique Taylorienne ou Fordienne d’organisation du travail. 

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